Intimité

Une parabole de Tchouang-Tseu :

Un homme était tellement perturbé par la vue de son ombre et tellement mécontent de ses propres traces de pas, qu’il décida de se débarrasser des deux. La méthode qui lui vint à l’esprit fut de s’en éloigner en courant. Il se leva donc et couru. Mais chaque fois qu’il posait un pied, il y avait une nouvelle trace, tandis que son ombre le suivait sans aucune difficulté. Il attribuait son échec au fait qu’il ne courrait pas assez vite. Il courut donc de plus en plus vite, sans s’arrêter, jusqu’à ce que finalement  il tombe raide mort.

Ce qui lui échappa, c’est que s’il avait simplement marché dans l’ombre, son ombre aurait disparu.  Et que s’il s’était assis et tenu tranquille, il n’y aurait plus eu de traces.

OshoCette ombre s’appelle silence, espace intérieur.  N’écoutez pas le mental, mettez-vous juste à l’ombre,  dans le silence intérieur.  Là où les rayons du soleil ne parviennent pas.

Quand vous êtes dans la lumière du monde extérieur, vous demeurez à la périphérie et cela crée des ombres. Fermez les yeux. À l’intérieur il n’y a ni soleil ni ombre.  À l’extérieur il y a la société et toutes sortes d’ombres. Avez-vous jamais réalisé que votre colère, votre sexe, votre avidité font tous partie de la société ?   Laissez la société à la périphérie et regagnez le centre. Au centre il y a le silence.  Aucune peur, aucune anti-peur,  aucun sexe, aucun célibat,  aucune avidité, aucune non-avidité,  aucune violence, aucune non-violence.  Tous sont à l’extérieur. Les opposés sont à l’extérieur.   À l’intérieur vous n’êtes ni ceci, ni cela. Un pur être, sans opposé qui traine autour.

Le mental est un bon outil pour l’extérieur ; pour l’intérieur c’est une barrière absolue.  Ne luttez pas avec le mental, n’argumentez pas contre lui. Mettez-le simplement de côté.  Cette mise à l’écart n’est pas contre lui, elle est au-delà. C’est juste le mettre de côté.  Comme quand vous rentrez chez vous, vous retirez vos souliers, il n’y a pas de lutte, rien, vous les mettez de côté, c’est tout.

Il n’est nul besoin de se battre ou de fuir. La seule chose nécessaire est de se mettre à l’ombre et de s’asseoir tranquillement. Et c’est à faire la vie durant.  Ne vous battez contre rien, tentez de n’échapper à rien. Laissez les choses suivre leur cours. Allez à l’intérieur, au centre, là où aucun rayon de soleil n’a jamais pénétré. Il n’y a aucune ombre. C’est la signification du mythe disant que les dieux n’ont pas d’ombre. Le dieu qui est en vous n’a pas d’ombre, car l’extérieur n’y pénètre jamais.  Il ne peut pas y pénétrer ; c’est toujours à l’ombre.   Tchouang-Tseu appelle cette ombre-là  le Tao, votre nature intime, absolument intime.

Assis dans l’ombre intérieure, on entend aucun bruit de pas et aucune ombre ne vous suit. Vous devenez comme des dieux.  Vous ne pouvez devenir que ce que vous êtes déjà. Vous êtes des dieux, ne vous contentez pas de moins.

Extraits de Intimité de OSHO.

 

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